C’est arrivé à cause d’une photo sur un frigo. Je n’avais vraiment pas vu venir ça, ça m’enlevait la moitié de mon âge, voir un peu plus. On voit ma face, ma petite face de fin d’adolescence, le sourire aux oreilles, l’air d’un petit voyou, déjà les rides dans le coin des yeux, mais aucun cheveu blanc à l’horizon. Mais où il est passé ce sourire, m’a-t-il laissé que les petites crevasses sur le coin des yeux, où c’est enfui la joie qui ne naissait de rien. Sur la photo, je suis assis sur le père Noël, j’oubliais même qu’il existait, que ce soit pour moi ou pour les plus jeunes enfants, ceux qui n’existaient pas sur cette photo, pourtant lié au même passé. Les petits enfants du père Noël, ceux à qui j’ai manqué de vendre la mèche hier, parce que cette magie chez moi disparut, j’en oublie que pour certains elle existe toujours, comme elle l’a été pour moi dans le passé. Les années ont couru sur tous nos visages, ne laissant que des souvenirs de saveurs différentes. Dans ma bouche un goût amer, une envie de le changer, un certain ennui, de la vie, de ce qui est disparu avec le temps, de cet émerveillement spontané, cette envie de faire rider les gens qui m’entourent, simplement parce que j’en suis capable. La solitude ne m’est plus étrangère, elle est ma compagne pour les moments difficiles, elle m’a apprivoisé, doucement avec le temps. Le temps se refroidit doucement sur le Québec, j’ai soudain hâte à Noël, j’aimerais aller retrouver le père noël un soir, lui demandé que cette année, il me rapporte un peu de magie, j’imagine que c’est un premier pas vers ça que de lui demandé.
Défi du jour : Si je croise le père noël un soir
Laisser un commentaire